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Coop Explore Malempré La chaleur d'y vivre

04 Juli 2015 09:30
Coopératives de village et de quartier

Un village qui se chauffe grâce à deux coopératives

Compte-rendu de notre Coop Explore au sein de la SC ‘La chaleur d’y vivre’ à Malempré, un village ardennais qui se chauffe grâce à deux coopératives : d’un côté les consommateurs du réseau de chaleur local et, de l’autre côté, les agriculteurs fournisseurs du combustible.

“They may say I’m a dreamer, but I’m not the only one” aurait également pu être une citation de Vincent Sépult, la cheville ouvrière du réseau de chaleur local, coopératif et durable, à Malempré.

 

Lisez le compte-rendu de notre visite ci-dessous.

45 bâtiments connectés au réseau = 150.000 litres de mazout économisés

Après la crise énergétique de 2008, qui déboucha sur une flambée des prix du pétrole, et compte tenu du fait que les sources de carburants fossiles se tariront bien un jour, Vincent Sépult était convaincu que son village devait jouer la carte de l’énergie renouvelable. Et il ne fallait pas chercher loin : sa commune compte 7000 ha de forêts. Eleveur de bétail laitier confronté à la crise agricole de 2010, il vit là des opportunités de se diversifier et d’atteindre cet objectif.

Le résultat aujourd’hui ? 45 bâtiments tant privés que publics sont raccordés à un réseau de chaleur local de 1500 mètres. Ce réseau permet d’économiser quelque 150.000 litres de mazout, soit 375 tonnes de CO2. Le réseau de chaleur appartient à la coopérative villageoise et s’approvisionne auprès d’une coopérative de producteurs.

Les prix : stables et les plus bas possible

C’est en 2010 que Vincent a rassemblé plusieurs personnes, d’horizons très divers, pour mettre sur pied son projet : quelques techniciens, un ingénieur civil d’un bureau réputé, un banquier, un agriculteur en plus de lui-même, … Le village recélait en effet de nombreux talents. Ils ont organisé plusieurs réunions avec les habitants, qui débouchèrent sur une double conclusion : le prix que les gens étaient disposés à payer ne pouvait être supérieur au prix du mazout et de nombreux villageois renonceraient s’ils devaient d’abord investir des milliers d’euros dans un projet dont la faisabilité et la rentabilité n’étaient pas établies.

Afin de pouvoir atteindre la masse critique, il fut alors décidé de financer intégralement le projet. Et c’est ainsi qu’un groupe de dix personnes créa en 2011 une asbl afin d’effectuer une étude de faisabilité et d’examiner le financement.

Financement mixte : Malempré, projet pilote


Le financement du projet a été très varié : subsides obtenus par l’asbl, à force de persuasion,auprès des différents pouvoirs publics (Commune, Province, Région Wallonne, …), subsides pour le recours à l’énergie durable, investissements dans le secteur agricole (ISA), … Ces moyens représentent environ trois quarts du montant total de l’investissement de ± 1.000.000 euros. Le reste a été financé par les dix fondateurs et par des produits bancaires classiques, garantis en partie par la commune.

Outre sa valeur en tant qu’expérience pilote, ce projet avait comme autre argument de poids pour les pouvoirs publics que l’investissement pouvait être récupéré si l’asbl gérait également les talus boisés publics communaux (432 km).

Par ailleurs, l’installation du réseau souterrain a pu se faire en même temps que les travaux de voirie et au réseau d’eau potable programmés par la commune de Manhay, ce qui a permis de réduire les coûts.

Il est peu probable que des projets futurs puissent bénéficier à nouveau de telles aides publiques, mais l’exemple de Malempré pourrait aider des habitants à s’engager financièrement dans une coopérative.

La coopérative villageoise à finalité sociale et la coopérative de producteurs : le tandem parfait


En 2012, il s’est avéré qu’une coopérative constituait la meilleure forme juridique pour monter le projet. L’asbl fut ainsi transformée en ‘société coopérative à finalité sociale’ (SCFS).

Tous les villageois-utilisateurs ne sont pas membres de la coopérative, car :

  • tout le monde peut utiliser le réseau, même si on n’est pas membre ;
  • il n’y a pas de tarifs différents selon que l’on est membre ou pas ;
  • tout le monde -membres et non membres- a son mot à dire dans l’affectation du bénéfice et ce, via une enquête annuelle.

De plus, chaque habitant met ses talents personnels à disposition : gestion du réseau, facturation, construction en bois pour la chaudière, …

Que paie le consommateur ? Comme la condition de base était que le prix devait être proche de celui du mazout, la coopérative utilise une fourchette de prix basée sur le prix de référence de ce carburant fossile. La stabilité des prix est également importante : ils utilisent un prix fixe par kWh, simple et transparent, avec un seul défi à l’avenir : offrir le prix le plus bas possible.

Les bénéfices de la coopérative sont réinvestis intégralement

Les bénéfices de la coopérative sont intégralement réinvestis dans le réseau de chaleur. L’objectif est en effet de fournir le plus possible d’habitations en énergie. Il ne sera toutefois pas possible de raccorder tous les villageois. Pour cela, il faut que le village soit très concentré et, à Malempré, le réseau ne compte (pour l‘instant) que des axes centraux. Une extension à 60 bâtiments (sur 89) est toutefois envisageable.

Le combustible, les plaquettes de bois, est fournie par une coopérative de producteurs, dans laquelle participent les autres agriculteurs ; pour l’instant, cette activité n’est pas encore rentable : “nous y arriverons”, poursuit Vincent, “et de toute façon notre objectif n’est pas de nous enrichir”. De plus, les producteurs sont aussi consommateurs eux-mêmes. Ils n’ont donc aucun intérêt à pratiquer des prix élevés.

La gestion durable des ressources naturelles devient rentable


Une alternative durable à l’utilisation du mazout de chauffage est une solution offrant un bon équilibre entre les aspects économiques, écologiques et sociaux.

En utilisant les talus boisés, importants sur le plan environnemental, comme source d’énergie renouvelable, la nature devient rentable sur le plan économique, ce qui donne des garanties supplémentaires en vue de la préservation de la biodiversité ; de plus, les déchets résiduels sont éliminés, l’agriculteur peut se diversifier, le petit propriétaire forestier en tire profit lui aussi et, enfin, les habitants sont moins tributaires des fluctuations des prix du carburant.

20 milliards d’euros qui restent en Belgique


REScoop, la fédération des associations et coopératives de citoyens pour l'énergie renouvelable en Belgique, croit bien sûr elle aussi en cette ‘transition énergétique’. Dirk Knapen, coordinateur : ‘Nous avons calculé que si nous gérons nous-mêmes le vent, l’eau, le soleil et la biomasse, 1600 à 2000 euros, par personne, pourrait rester en Belgique chaque année‘.
Alors que la Belgique retire pour l’instant moins de 1% de son énergie de la biomasse, des pays comme la Finlande, la Suède ou encore le Danemark atteignent 50 à 60%. Il y a donc du pain sur la planche !
Après le départ de la plupart des 35 membres de notre délégation, nous avons terminé la journée ‘en petit comité’, avec une délicieuse glace dans le gîte de Vincent. La chaleur de vivre, en somme !

Ce Coop Explore s’inscrit dans le trajet R&D de Cera Coopburo axé sur les coopératives villageoises et de quartier. Par ailleurs, Cera Coopburo propose conseil et accompagnement à divers types de coopératives, notamment les coopératives de producteurs et les coopératives de consommateurs (2.0) et de citoyens, y compris les coopératives villageoises et de quartier.

Plus d'info : infocoop@cera.coop - 016 27 96 88

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